Historique

Après avoir étudié depuis sa jeunesse de nombreux arts martiaux et avoir fait plusieurs rencontres marquantes, Morihei UESHIBA (1883-1969), fréquemment surnommé O Sensei par les pratiquants en raison de la maîtrise qu’il avait des arts martiaux, orienta sa pratique vers un art fait ni pour combattre, ni pour vaincre, mais pour supprimer la notion d’ennemi.

Le premier dojo fondé par UESHIBA en 1927 est le Kobukan, qui se nomme maintenant l’Aïkikai Hombu Dojo, et se trouve à Tokyo dans le quartier de Shinjuku. Il y enseignait la majeure partie du curriculum du Daito Ryu Jujutsu tel que lui avait transmis Sokaku TAKEDA et des techniques de kenjutsu et de jojutsu adaptées à son art qui se voulait plus pacifique. Il nomma successivement son style Daïto Ryu Aïki Jutsu (en 1922), Ueshiba Ryu Jujutsu (jusqu’en 1924), Ueshiba Ryu (à partir de 1925-26), Aïki Budo (à partir de 1927), puis aussi Kobu Budo et Aïkinomichi.

Durant les années 1930, la popularité et la réputation de Morihei UESHIBA ne cessa de grandir, ce qui amena plusieurs hauts gradés d’autres écoles de budo à joindre l’organisation de UESHIBA (en particulier des élèves de Jigoro Kano). Il fut aussi chargé par le gouvernement de la formation martiale d’officiers japonais. Très proche de la secte non-violente et utopiste Omoto-kyo de DEGUCHI Onisaburo, il s’en éloigna après son interdiction en 1935.

L’aïkido que pratiquait à cette époque le fondateur était encore très proche du Daito Ryu. Il s’agissait là d’un aïkido plus ferme, voire plus violent que celui qu’il développa par la suite. Nombre de ses élèves de l’époque perpétuèrent ce style aujourd’hui connu sous le nom d’Aïkibudo. Notons aussi au passage le style Yoshinkan initié par Gozo SHIODA qui étudia également sous la direction du fondateur à cette époque. Ce style est celui utilisé par la police japonaise. À ce propos on remarque que UESHIBA ne sembla pas s’inquiéter que ses élèves fondent d’autres écoles d’art martial.

En 1940, O SENSEI eut une seconde vision : oubliant toutes les techniques qu’il avait apprises jusque-là, il put les voir sous un autre angle, non plus comme de simples moyens pour projeter ou immobiliser un adversaire mais comme un véhicule pour l’épanouissement de la vie, de la connaissance, de la vertu et du bon sens. C’est à ce moment que l’aïkido fluide et sans obstructions des dernières années de O Sensei est né.

En 1942, Morihei Ueshiba décida dorénavant d’utiliser le terme Aïkido pour son art. Il fonda la même année un dojo à Iwama et un temple dédié à l’aïkido, l’Aïki-jinja (reconstruit au début des années 1960).

La fin de la Seconde Guerre mondiale vit un hiatus dans l’enseignement de tous les arts martiaux japonais et l’aïkido fut le premier, en 1952, à pouvoir rouvrir les portes de ses dojo. Ayant toujours vu son art comme un cadeau à l’humanité, Morihei UESHIBA fit tout ce qui était en son pouvoir, lui qui ne connaissait que le japonais, pour promouvoir l’aïkido au niveau international en envoyant des émissaires dans plusieurs pays européens ainsi qu’en Amérique et en acceptant toujours les étrangers qui voulaient pratiquer au Japon (et qui avaient la détermination requise). C’est aussi dans cette période d’après-guerre qu’O Sensei commença à donner des démonstrations publiques de son art, ce qui contribua à en augmenter la visibilité auprès du public japonais.

La forme la plus répandue doit beaucoup au fils du créateur de l’aïkido Kisshomaru UESHIBA, le premier doshu (référent mondial pour la pratique, littéralement «  maître de la voie  » ou «  guide du groupe de ceux qui suivent la voie [de l’aïkido]  ») et à Koichi Tohei. En effet, l’aïkido était essentiellement enseigné sous la forme d’une expérience, par la pratique. Cette manière d’enseigner, typique des écoles traditionnelles (ryū), était peu adaptée à la mentalité moderne et à la volonté de diffusion internationale. Kisshōmaru fit donc un grand travail de « verbalisation », en mettant en place une nomenclature des techniques et en mettant en avant la transmission verbale en plus de la démonstration par l’exemple. Ce souci de pédagogie l’amena également à revoir l’exécution de certaines techniques, les rendant plus accessibles et adaptées aux aspirations modernes.

Le fondateur avait à cœur de répandre et d’enseigner l’aïkido qui pour lui avait une mission de Paix. Se retirant dès la fin de la guerre dans le petit village d’Iwama tout en continuant de visiter les dojos de ses anciens élèves, ce n’est qu’au début des années 1960 qu’O Sensei retourne vivre au Hombu Dojo. Là, il enseigne et dirige de manière (quasi) quotidienne le cours du matin de 7h. De plus l’évolution permanente de l’Aïkido de O Sensei, les niveaux d’éducation et culturels éparses de ses élèves expliquent la grande variété d’écoles d’Aïkido aujourd’hui.

Enfin, on peut facilement avancer que chaque pratiquant, par sa technique, sa constitution physique et son attitude, pratique un aïki différent et que toutes ces formes se retrouvent dans le principe, dans la « voie » de l’aïki, l’aïkido. UESHIBA disait « Il n’y a ni forme, ni style en Aïkido. Son mouvement est celui de la nature, dont le secret est profond et infini. ».

 

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27a%C3%AFkido
Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Morihei_Ueshiba

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